vendredi 17 avril 2015

Les postes de charge de téléphones, faute de l’électricité



A l’entrée, un groupe électrogène de 1,5 KV de marque KING MAX entrain d’alimenter le bâtiment. Plusieurs batteries de téléphones, des radios, quelques ordinateurs, plusieurs dizaines de téléphones portables entassés sur les étagères et d’autres sur une table qui attendent d’être chargée. A la partie gauche d’une étagère, des câbles en désordres  et des prises couverts de poussière en attente des téléphones des clients.  
Il s’agit de la boutique de charge de téléphone de Franck MUSHINGI(CQ), le jeune courageux du quartier Carmel(CQ).  Il est marié, père des 3 enfants et  étudiant à l’Université du CEPROMAD en première licence de Management.
La Boutique de Mushingi est situés à Goma, sur la route de Saké (CQ), au Nord-Kivu en République démocratique du Congo. 

Comme beaucoup de gens de la région, Mushingi, 36 ans, dit que le manque d’électricité est à la base de la création de sa charge de téléphones dans son quartier Carmel.
Au début, les gens était surpris de voir une boutique de charge des téléphones publics où tout le monde pouvait amener son téléphone portable quand il y a coupure d’électricité au quartier.

 C’était difficile. Certains n’avaient pas confiance en moi, mais avec le temps  et ils ont compris que c’était pour leurs intérêts. A-t-il dit.
Mushingi a été inspiré par cette innovation de charge de téléphone, après avoir été enseignant dans une école primaire à Bukavu chef lieu de la province du Sud Kivu. Le peu que je gagnais dans l’enseignement était insuffisant. C’est ainsi que j’ai jugé bon de créer cette boutique pour subvenir aux besoins de ma famille. 
« Il fallait que je crée une occupation qui va me générer  de l’argent chaque jour » ajoute  Mushingi. 


Pour instaurer la transparence dans sa boutique, Mushingi travail avec sa petite sœur. Elle l’aide à écrire le nom, le post -noms et la marque de téléphone sur des jetons à donner aux clients qui amènent leurs téléphones à charge, pendant que Mushingi lui se concentre a brancher  leurs téléphones sur de prises. 

Suite à la confiance que les habitants de Carmel lui ont confiée, Mushingi reçoit même les clients venu de quartier MABANGA(CQ) et NDOSHO(CQ). Ceci dit-il, s’explique par  la transparence et l’honnêteté que j’accorde aux téléphones et autres appareils  des clients que je garde en toute sécurité.
 
« Charge téléphone Dieu est Bon » c’est le nom que Mushingi a donné à sa Boutique.
« Ma boutique joue un rôle capital dans ma communauté. Entre autre celui de permettre aux habitants les plus démunis de mon quartier et ceux d’ailleurs de n’est pas manquer aux appels importants de travail, de business car j’ai en été victime un jour. C’est pourquoi nous faisons payer à un prix pas cher, pour que tout le monde charge son téléphone chez moi ».
Goma, est une ville où les coupures d’électricité sont plus fréquentes. Dans les 18 quartiers que compte la ville, moins de 4 ont l’électricité permanente. L’électricité que Goma reçoit provient de la ville de Bukavu au Sud-Kivu. 

Toutes les cabines installées et qui alimentent les abonnés de la  Société National d’Electricité  (SNEL) ont une puissance de 40 Mega Walt. Ce qui est insuffisant.  
La saleté et la boue collectée vers le bassin de retenu vers la source d’énergie à Bukavu, obligeraient la SNEL à arrêter la central chaque matin pour vider cette saleté. Suite à cette coupure, la SNEL est à deux Mega Walt et  cette capacité et moins suffisante  pour alimenter la ville en électricité. 
 
A Goma, les riches possèdent de groupes électrogènes et d’autres des panneaux solaires qui leurs permettent de charger leurs appareils et téléphones portable. Par contre,  ceux qui font recours aux charges de téléphones publics sont ceux qui n’ont pas suffisamment de moyen pour s’en procurer. 
En plus d’augmenter ses propres revenus, Mushingi a aidé d’autres jeunes de différent quartier à lui emboiter le pas tout en créant des boutiques de charge de téléphones publics et à subvenir à leurs besoins. 


Ces charges de téléphones portables, offre l’opportunité de travail à la jeunesse de Goma particulièrement pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’étudier et qui auraient du mal à trouver un travail rémunéré. 
Mushingi a crée sa boutique de charge téléphone il y a 3 ans.  Il fait payer  100 Fc (0.1$)  pour un téléphone, et cela pour 2 heures maximum au courant de la journée.  Il lui arrive de recevoir 30 téléphones par jour. Ce qui lui permet de gagner 84.000 Fc (93 dollars) par semaine.
Pour charger les téléphones de ses clients,  Mushingi dépense   6 à 7 litres d’essence par jour. 

En tout cas mon travail est bénéfique. Dit Mushingi avec un sourire aux lèvres. Je suis en mesure de payer le loyer de ma boutique en temps voulu, payer les frais de scolarité de mes enfants et de prendre ma famille en charge. «Ma boutique me permet de gagner de l’argent chaque jour ».

Judith BAHATI(CQ)  sa sœur, pense que Mushingi est un garçon courageux. A travers son innovation, il a contribué aux besoins de sa communauté.  C’est bénéfique pour nous tous !
Avant il arrivait que mon téléphone soit éteint pendant deux jours par manque d’électricité. Je loupais beaucoup de business avec mes amis. Mais grâce à Mushingi, je suis  en ligne chaque jour. Des fois quand je me réveil en retard, il m’arrive de faire la queux devant sa boutique uniquement pour avoir un jeton. Souligne Mbavumoja Samuel (CQ) l’un de ses clients.
« Moi, quand je vais charger mon téléphone, je le confie toujours à Mushingi, car  j’ai confiance qu’il va me le rendre intact. » dit Nema Shukuru une cliente rencontrée dans la boutique. 

Mais certaines personnes ne croient pas à l’innovation de Mushingi
« Il y a une semaine ils m’ont donné un téléphone qui n’était pas le mien, disant qu’ils avaient fait une confusion. Je leur avais fait payer ça. Je ne pouvais pas accepter une telle chose. a dit un jeune du quartier.
Moi je ne peux pas amener mon téléphone à des charges publiques. Parce que un jour j’ai envoyé ma fille récupérer mon téléphone de marque NOKIA dans l’une de boutiques de  charge de téléphone, mais  curieusement ils avaient changé ma batterie. C’est du vol tout ça. S’exprime Fatu BAHAVU une femme ménagère. 

Par contre, Mushingi ne baisse pas le bras. Il a traversé beaucoup de difficulté avant d’en arriver là.  Il dit qu’il se retrouve  entrain de payer des téléphones et des batteries de ses clients en cas de perte ou de confusion.  

Léon MUHETO (CQ) directeur de la Société Nationale d’Electricité (SNEL) en province du Nord-Kivu, a dit que le problème des coupures intempestives d’électricité proviennent d’un déficit régulier d’un total de Trent cinq (35) Méga Walt. Ce qui représente une carence de 84% ; ceci ne permet pas à la société SNEL d’alimenter toute la ville en électricité.  
Des fois, quand  la société  SNEL reçoit 5 ou 6 Méga Walt en provenance de Bukavu ce qui ne pas suffisant,  elle privilégie les hôpitaux, l’éclairage public et la Régie des eaux(REGIDESO) qui doit donner de l’eau en permanence  à la population.

« La plus belle fille du monde ne donne que ce qu’elle a » a-t-il dit. 

Mushingi ne se laisse pas décourager

Mushingi continu aujourd’hui d’exploiter sa boutique de charge de téléphone. « Je suis passionné par l’esprit de créativité. Même si je trouve un autre travail, je ne céderais pas ma boutique de charge de téléphone. 

J’aime ce que je fais car ça me procure de l’argent chaque minute qui passe. Je me suis fais un nom ! » Dit-il 
Il appel également à la jeunesse de Goma à  n’est pas croiser les bras mais à créer. 

Esther NSAPU

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